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Affichage des articles du janvier, 2018

Marche à l'étoile

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Dans les pas d'un jeune esclave américain en fuite


Coincée entre le génocide des populations indigènes du continent nord-américain - ces « Indiens » longtemps cantonnés aux rôles de sauvages sanguinaires dans les westerns de notre enfance - et l’esclavage des noirs d’Afrique arrachés à leur terre natale pour mettre en valeur celle du Nouveau Monde, la mémoire des Etats-Unis travaille et souffre encore. Quels chemins cette mémoire doit-elle emprunter pour que la vérité des origines, souvent sanglante et brutale, vienne éclairer le temps présent sans la blesser à nouveau ?
Hélène Montardre a pris le parti de la fiction pour raconter un bout de l’histoire de la traite négrière, en prenant bien soin de montrer que celle-ci s’est jouée de part et d’autre de l’Atlantique. Marche à l’étoile, son dernier livre, c’est d’abord l’itinéraire de Billy, un jeune esclave fugitif de 15 ans, enfui de sa plantation, traqué tout au long de sa cavale par un chasseur d’esclaves aussi endurant qu’implac…

Passionnément, à ma folie

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Quand ce récit commence, Gwenaëlle dite Gwen, 17 ans, est dans la clinique du bien nommé Dr Lacasse pour ramasser les morceaux de son petit moi éclaté par terre et pour essayer de les recoller. Elle est bien persuadée qu’elle va y arriver toute seule, parce qu’elle est bien incapable de s’imaginer autrement que toute seule, au fond du trou qu’elle s’est creusée elle-même. Les amies ont disparu, ne restent que les parents, qui manifestent à chacune de leurs visites combien ils sont, eux aussi, malheureux et incapables de comprendre le geste de leur fille.
Les raisons de sa présence entre quatre murs blancs capitonnés tiennent en effet en deux lettres : TS. Les raisons de sa TS tiennent en une seule initiale, W, W pour William, le beau gosse du lycée dont elle s’est entichée au point qu’il tenait son existence entière entre ses mains. Le jour où il l’a lâchée, Gwen est tombée de très haut, très fort et il n’y avait plus rien ni personne autour d’elle pour la rattraper, tant William avait…

Ni lire, ni écrire !

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Mon papa ne sait pas lire ?!

Le monde de l’édition pour la jeunesse française est très riche, même si ses autrices et auteurs sont loin de l’être tous. A côté des poids lourds du secteur, une multitude de petits éditeurs cherchent et trouvent leur place auprès des auteur·e·s et, plus péniblement, sur les tables surencombrées des libraires. Kilowatt est un de ceux-là, aux côtés par exemple du Muscadier. Ces éditeurs proposent fréquemment à leurs lecteurs une littérature engagée. D’aucuns pourraient, à juste titre parfois, redouter de voir paraître, sous cette appellation, des livres dégoulinants de bons sentiments et d’intentions politiques naïves, où l’ambition littéraire serait sacrifiée à quelque message à transmettre à la jeunesse.
Les livres d’Yves-Marie Clément échappent, me semble-t-il, à cet écueil, combinant style, lisibilité et cette forme d’engagement qui ne trompe pas quand il est aussi, hors écriture, celui d’une vie. Ainsi, Kilowatt, l’éditeur mentionné, a publié récemmen…