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Affichage des articles du mars, 2015

Douze ans, sept mois et onze jours

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Lorris dans la forêt
Douze ans, sept mois et onze jours est un chiffre bien précis. Il n’est pas d’usage, à cet âge-là de compter sa vie en jours, quand elle s’offre si longue. Pourtant, c’est à cette comptabilité que Jack Stephenson assigne son fils en l’abandonnant dans une cabane au milieu de l’immense forêt américaine du Maine, à douze ans sept mois et trois jours. Into the woods. Walden, qui n’aime ni le base-ball, ni le basket ni aucune espèce de sport d’ailleurs, n’arrive pas à combler les attentes de son père. Déception classique. Alors celui-ci semble avoir inventé pour son fils cette sorte d’initiation, censée faire de lui un homme et à laquelle il le soumet sans préavis et sans discussion possible, avec une apparente froideur, proche de la cruauté.
On ne raconte pas un thriller. Lorris Murail s’amuse à déjouer toutes les hypothèses que le lecteur ébauche quant aux mobiles du père et au comportement du fils. Les focalisations successives sur l’un et sur l’autre brouillent les …