vendredi 25 octobre 2019

Je m'appelle Maryam



On connaît la série des albums pour tout-petits écrits par Carl Norac et illustrés par Claude K. Dubois dont le plus fameux est sans doute Les mots doux. L’illustratrice belge met cette fois-ci son talent au service de Maryam Madjidi, une autrice iranienne qui a quitté son pays à l’âge de 6 ans pour venir vivre en France.

Maryam se souvient de Maryam et du jour où ses parents lui ont annoncé qu’ils devaient quitter leur pays. Et surtout du jour où sa maman lui a dit : « On ne peut pas emporter tes jouets avec nous. Tu vas les donner aux enfants qui jouent dans notre rue ». Jusqu’à son départ, Maryam va apprendre à se dessaisir de ses poupées en leur racontant une dernière histoire, avant de les confier une à une aux enfants qui ont la chance, eux, de pouvoir rester.

Maryam Madjidi raconte l’arrivée en France, sans jouets. Maryam ne joue plus. Dans sa tête deux langues se bousculent, la langue d’Ici et la langue de ce qui est devenu Là-bas, la langue de l’école et celle qu’on parle encore en famille. Maryam ne parle plus. Et à la cantine, déroutée par les mets étranges qu’on lui présente, Maryam ne mange plus.

L’autrice raconte à hauteur de l’enfant qu’elle a été les étapes de son adaptation, comme autant d’arrachements et de conquêtes silencieuses. Et comme tout vient de l’autre, c’est une petite fille qui va réintégrer Maryam dans le cercle magique des jeux, de la parole et de la nourriture, en une seule question, qu’elle devra poser trois fois : « Comment tu t’appelles ? ». De ce jour, Maryam ne sera plus seule.

Maryam Madjidi conduit son récit de migration et d’intégration sans pathos et Claude K. Dubois l’illustre à l’unisson, effleurant cette histoire d’une main sûre et légère.

Écouter cette chronique (extrait lu à 2:00) :





Je m’appelle Maryam – Maryam Madjidi, illustré par Claude K. Dubois – Mouche de l’école des loisirs – 2019 (47 pages, 6,50 €). À partir de 6 ans.

vendredi 18 octobre 2019

Les loups du clair de lune


Voulez-vous partir au « Bout du monde » ? Oui ? Alors suivez-Hannah qui vient de monter dans le 4 X 4 brinquebalant de sa grand-mère. Au bout de la piste défoncée où celle-ci a engagé son Toyota, alors qu’il fait presque nuit, Wildy, le chien de Grandma fait la fête à Hannah et la chouette aboyeuse qui s’est installée près de la maison lance ses houaaaf-houaaaf nocturnes, comme pour saluer le retour de la jeune vacancière.

Après Un temps de chien dans l’Amérique des ouragans, Xavier-Laurent Petit nous conte, avec Les loups du clair de lune, une autre de ses Histoires naturelles. Cette fois-ci, nous partons en Tasmanie, la grande île au sud-est de l’Australie. La grand-mère d’Hannah n’est pas de tout repos et elle va l’entraîner dans une de ces aventures dont elle a le secret. Pour le moment, le secret en question n’est qu’une touffe de poils conservée dans un tube à essai, soigneusement caché comme un trésor derrière une rangée de livres. Poils mystère d’un animal inconnu, même si Grandma a sa petite idée, qu’elle ne veut pas confier à sa petite-fille dès le premier soir. 

Le lendemain matin, c’est déjà le départ pour une exploration fiévreuse dont seule Grandma connaît le but. Pour l’atteindre il va falloir rouler un certain temps, mais surtout marcher bien plus encore, dans la chaleur étouffante et le vacarme étourdissant des cigales. Hannah trotte à grand peine derrière Grandma, qui semble infatigable mais va brusquement donner d’inquiétants signes de faiblesse… Encore un secret à garder pour Hannah, bien plus angoissant que le précédent. Mais surtout, que vont-elles trouver toutes les deux au bout de leur route, si elles parviennent à son terme sans se perdre ni défaillir à nouveau ?

En cette période de fumées noires, de pluies acides et de décomposition du monde, Xavier-Laurent Petit nous entraîne en pleine nature, une nature aride mais pleinement préservée qu’il fait bon de retrouver loin de tout, le temps d’un livre. Le secret de Grandma ? Elle n’est malheureusement pas la seule à le détenir, elle va vite s’en apercevoir. Les vacances d’Hannah vont donc s’avérer bien plus mouvementées que prévu quand le récit va s’emballer et ne plus laisser de répit au lecteur, fusil au poing et cœur battant.

Écouter cette chronique (extrait lu à 2:15) :



Les loups du clair de lune (sous-titré Histoires naturelles) – Xavier-Laurent Petit – illustré par Amandine Delaunay – 2019 – Neuf de l’école des loisirs (181 pages, 12,00 €). À partir de 8 ans.

vendredi 11 octobre 2019

Éden

couverture : Séverin Millet

Ruby a tout pour être heureuse. Une gentille famille, une amie surdouée, Lou, une classe de 4ème pas pire qu’une autre, un bel appareil qui va lui aligner les quenottes. Mais Ruby a treize ans et elle s’ennuie. Et puis, le tableau n’est pas si idyllique. Elle doit partager sa chambre avec sa petite sœur qui lui pompe l’air plus qu’à son tour, son amie Lou est trop riche et trop parfaite, les garçons de sa classe sont de gros lourdingues bourrés d’acné et la bienveillance de ses parents finit elle-même par être encombrante. Heureusement, elle peut s’isoler dans le petit cagibi qui jouxte sa chambre et rêver d’une autre vie.

Mais justement est-ce qu’elle rêve lorsqu’elle se trouve un jour subitement transportée dans un monde plus vrai que nature qu’elle va explorer à plusieurs reprises, au point qu’une nostalgie irrépressible et grandissante s’empare d’elle quand elle revient à sa vie réelle.

Ce qui lui arrive, elle ne peut le confier qu’à Lou. Si elle en parlait à ses parents, ils l’enverraient direct voir un psy. Car elle croit dur comme fer à la réalité de cet autre monde. Non, affirme-t-elle à Lou qui lui oppose ses arguments rationnels : je ne rêve pas, cette forêt est réelle, ce petit village médiéval je l’ai parcouru et surtout, ce garçon, Éden, eh bien oui, j’en suis tombée amoureuse. En fait, cet aveu, elle le retient même devant Lou, tant la nouveauté et la force de ce sentiment qui se lève en elle semblent menacées par l’intermittence des étranges voyages qui emmènent Ruby au-delà de ce monde-ci.

Dans son roman Éden, Rebecca Lighieri nous entraîne avec Ruby et nous fait croire autant qu’elle à ce monde alternatif si irrésistiblement séduisant, pur et champêtre comme un paradis originel. Est-ce vraiment dans un monde passé que Ruby se trouve projetée ? Pourrait-elle y rester définitivement si elle en émettait le désir ? Éden pourrait-il la garder auprès de lui ? De voyage en voyage, c’est une autre vérité, plus sombre, qui va s’imposer progressivement à Ruby.

Écouter cette chronique (extrait lu à 2:08) :




Éden
– Rebecca Lighieri – l’école des loisirs – 2019 (203 pages, 14,50 €)

vendredi 4 octobre 2019

1 million de vues





YouTube est devenu une bête monstrueuse, qui grossit chaque jour. Savez-vous que le numérique dans son ensemble est désormais responsable de 4% des émissions de CO2 à la surface de la planète, un volume supérieur aux émissions du transport civil aérien et équivalent à ce qu’émet un pays comme l’Espagne. Y pensez-vous quand vous regardez une vidéo de chaton ?

Mais il semble qu’il soit devenu essentiel de voir et surtout d’être vu et qu’on puisse même faire fortune à simplement s’exhiber, comme ce petit garçon américain qui passe sa vie à déballer des cadeaux devant une webcam qui déverse ses images directement dans YouTube.

C’est cette nouvelle économie du regard et du spectacle que Jeremy Behm a choisi d’explorer avec son dernier roman intitulé 1 million de vues. Jade, Connor, Dan, Axl et Nathan, soit une fille pour quatre garçons, sont tous des YouTubeurs débutants, avec quelques milliers d’abonnés. Lorsque Cameron Eon les convoquent au 50e étage d’une tour en plein centre de Los Angeles et leur fait miroiter la perspective d’un salaire mirobolant pour leur âge, une machine infernale se met en marche pour les cinq adolescents. Car un seul d’entre eux va l’emporter, à l’issue d’une compétition où tous les coups seront permis. Leur seul objectif va être de poster les vidéos qui comptabiliseront le plus de vues. En bon français, de faire un « max de buzz ».

Les cinq ont des atouts bien différents dans leur jeu. Qui sera « l’influenceur » de demain ?

Jeremy Behm dresse le portrait d’adolescents américains plongés dans une rivalité artificielle. Chacun a sa façon de la vivre, fair-play ou sadique, naïve ou violente, artistique ou trash, qui donne aussi le ton à leurs créativités respectives et à leurs mises en scène d’eux-mêmes. Ils n’ont guère le choix pour gagner : ils doivent se mettre eux-mêmes en danger pour provoquer l’admiration de leurs supporters ou chercher à écraser l’autre pour susciter l’effroi et la stupeur. La course à l’audience peut être une course mortelle : l’auteur ouvre d’ailleurs son livre par une séquence haletante, qui, comme dans un film de James Bond, nous avertit de ce qui pourrait être l’issue fatale pour l’un ou l’autre des concurrents.

Ce thriller au pays des geeks se lit d’une traite, comme un conte d’avertissement moderne. L’écran est-il devenu pour les jeunes – et les moins jeunes - l’unique fenêtre qu’il soit possible d’ouvrir pour respirer ? Ou la vraie vie peut-elle encore l’emporter sur les compromissions et les manipulations qui régissent le monde virtuel ? La réponse est, au bout du roman de Jeremy Behm, dans la tête de chaque lecteur et lectrice.

Écouter cette chronique (extrait lu à 3:22) :

1 million de vues – Jeremy Behm – Syros - 2019 (494 pages, 17,95 €) 

vendredi 27 septembre 2019

Sauveur & fils, saison 5



Et de 5 ! Avec la cinquième saison de Sauveur & fils qui paraît ce 18 septembre, Marie-Aude Murail confirme qu’elle a signé un bail sérieux avec le psychologue clinicien de la rue des Murlins. D’autant plus sérieux qu’une sixième saison est en préparation et que le cinéma pourrait bientôt offrir une vie parallèle à ce petit monde de papier qui vit, souffre, pleure et rit dans cette bonne ville d’Orléans.

L’autrice a expliqué pourquoi elle avait décidé de planter sa tente dans le cabinet d’un psychologue : son itinéraire d’écrivain pour la jeunesse l’a amenée à rechercher de plus en plus les lieux où se rencontrent – encore - toutes les générations, toutes les classes sociales, lieux de brassage, postes d’observation privilégiés de la société d’aujourd’hui. Ce fut l’école, avec Vive la République ! récemment réédité, le cabinet d’un médecin généraliste avec La fille du docteur Baudoin, et, dans une moindre mesure, l’entreprise dans Papa et maman sont dans un bateau.

C’est ainsi qu’est né Sauveur & fils. Marie-Aude Murail a raconté comment elle avait, en 2015, rappelé in extremis son éditrice à l’école des loisirs pour lui faire ajouter au titre « saison 1 », parce qu’elle venait de saisir le potentiel romanesque de ce qui n’était pas encore une série.

Parce que les enfants y deviennent des ados, parce que les ados parviennent au seuil de l’âge adulte et parce que les adultes ont bien du mal à l’être, chaque opus de la série voit tout ce petit monde grandir et s’ébattre au fil du temps qui passe. On gagne donc en confort et plaisir de lecture à découvrir les saisons dans l’ordre de leur parution. Mais Marie-Aude Murail a fait aussi en sorte que chaque livre puisse être lu séparément. Et celles et ceux qui voudront découvrir Sauveur Saint-Yves directement dans la saison 5 qui paraît ce mois-ci ne seront nullement perdu•es.

Iels découvriront ou retrouveront les jeunes ou moins jeunes patients au long cours de Sauveur, Blandine, Margaux, Ella qui devient Elliott, Solo, celles et ceux qui gravitent autour de lui comme Samuel, le fils du célèbre pianiste André Wiener, ou Frédérique. Tous feront connaissance avec Louane et son animal de soutien émotionnel, avec Madame Tapin inventant à 81 ans le féminisme. 

Sans compter qu’un psychologue a aussi une vie privée pas toujours aussi facilement démêlable que ne semble l’être la vie de ses patients. C’est connu, les cordonniers sont souvent mal chaussés. Au 12 de la rue de Murlins, Louise a fini par s’installer avec ses deux enfants, Alice l’ado rebelle et Paul, le meilleur ami de Lazare, le fils du psy. Gabin s’est réfugié au grenier avec ses cochons d’Inde et ne fait… rien, mais avec beaucoup d’application. Dernière pièce de cet ensemble familial assez recomposé et pour le moins baroque, Jovo, le légionnaire recueilli par Sauveur, devient une source d’inquiétude croissante au fur et à mesure que divers épisodes de son passé trouble refont surface et rattrapent ceux qui lui font encore confiance.

La (fausse) réputation de psychologue animalier que Sauveur a acquise grâce à un vendeur de Jardiland, va l’amener à trouver successivement dans son salon un chat, un chien dépressif, un perroquet muet. Au final, Sauveur est-il psychologue ou vétérinaire ? Enfin, ce n’est point divulgâcher l’intrigue de cette cinquième saison que de révéler qu’elle se termine, comme la première, en Martinique, sur « l’île des revenants » où Marie-Aude Murail... revient, comme pour confirmer la réputation de cette petite France des Antilles.

Écouter cette chronique (extrait lu à 3:27) :
Sauveur & Fils, saison 5 – Marie-Aude Murail (Medium+ de l’école des loisirs, 320 pages, 17 €)

vendredi 20 septembre 2019

Ariane et le défi du labyrinthe


La mythologie grecque est une source intarissable d’histoires, parfois un peu complexes voire un peu rudes pour le jeune public dans leur version intégrale non expurgée. Voilà pourquoi on ne peut que se réjouir quand une autrice, dont on a déjà salué ici le talent, s’empare d’un récit pour le rendre accessible aux plus jeunes, sans trop l’édulcorer. Il y a dans les mythes une pédagogie dramatique de la vie qu’il faut savoir restituer et Clémentine Beauvais a déjà prouvé son savoir-faire en la matière, rappelez-vous le destin de Io, cette jeune adolescente séduite par Zeus, avant d’être transformée en vache par la jalouse Héra…

Dans Ariane ou le défi du labyrinthe, l’autrice a choisi de raconter le mythe du point de vue d’Ariane, et non pas de Thésée comme l’avait fait Yvan Pommaux dans l’album éponyme que je vous ai présenté également à cette antenne. Au final, si le fils d’Égée s’en sort, à l’issue de son combat avec le terrible Minotaure, c’est bien grâce au fil et à la pelote dont Ariane a eu l’idée de doter le jeune héros avant que celui-ci ne s’engouffre dans le labyrinthe construit par Dédale.

Lu à voix haute, nul doute que ce petit livre plein de suspense fera son effet sur un enfant prêt à s’endormir. Réservez votre voix la plus sombre pour la description du Minotaure et de ses appétits pas très végétariens. Si c’est une petite fille, elle tombera sûrement amoureuse de Thésée à la suite d’Ariane, grâce aux illustrations de Sébastien Pelon. Et la fin de l’histoire lui donnera une leçon utile sur les garçons.

Écouter cette chronique (extrait lu à 01:45) :


Ariane et le défi du labyrinthe – Clémentine Beauvais, illustrations de Sébastien Pelon – Nathan (43 pages, 6,20 €)

vendredi 13 septembre 2019

Ce qui fait battre nos coeurs


Voulez-vous être augmenté ? A cette question qui ne répondrait pas oui ? Sauf… sauf si l’on vous dit que cela va être au prix de l’implantation dans votre cerveau d’un petit composant électronique, rassurez-vous, c’est parfaitement indolore, d’ailleurs c’est bien connu, un cerveau n’a jamais mal… 

Avec son nouveau roman, Ce qui fait battre nos cœurs, Florence Hinckel nous transporte dans un futur suffisamment proche – 2030 – pour que rien de ce qu’elle imagine ne soit pour nous inimaginable. L’autrice nous convie, en compagnie de quatre adolescents, à un voyage long et mouvementé au cœur de l’utopie transhumaniste.

Noah est le fils de Franck Varan, patron tout-puissant de la société Organic qui, en cas de défaillance, fournit à toutes celles et tous ceux qui peuvent se les payer les pièces de rechange pour leur corps : foie, cœur, poumons, reins, vessie, utérus, etc. Organic détient le monopole des prothèses et des organes artificiels.

Leila est la jeune merveille qui a bénéficié de tant d’opérations que si elle est aujourd’hui célèbre et court avec sa mère les plateaux de télévision, c’est parce qu’elle est artificielle à 96 %. Seul son cerveau est resté d’origine. 

Esteban lui n’a pas encore été réparé, mais Sofia, sa petite sœur, a un cœur artificiel et c’est malheureusement un modèle bas de gamme, le seul remboursé par la Sécu, qui menace à tout moment de lâcher. Esteban n’a donc plus qu’une obsession : procurer un cœur neuf à sa sœur, le plus perfectionné qui soit. Mais comment faire quand on n’a pas l’argent pour ?

Maria, elle, a perdu un avant-bras – et ses parents – dans un accident de voiture. Du coup, elle s’est bricolé une prothèse, qu’elle n’a cessé de perfectionner au fur et à mesure de ses propres découvertes en biomécanique. Son bras est devenu surpuissant et Maria défie désormais une loi contre l’augmentation qui existe depuis cinq ans quand l’histoire commence. Recueillie par Mars, son oncle et tuteur qui l’a élevée, elle va avoir 18 ans…

Par quelles circonstances ces quatre adolescents vont se retrouver dans la même voiture, poursuivis par la police et traqués par les médias, pour le meilleur et pour le pire, c’est ce que Florence Hinckel nous raconte sur plus de 400 pages. Les deux garçons et les deux filles ont voulu se libérer de quelque chose, au seuil de l’âge adulte, et les voilà réduits à jouer chacun sa vérité à huis-clos, lancés à toute allure sur une autoroute qui ne les mène nulle part. Du moins à première vue.

L’autrice a conçu un récit à focalisations multiples. Nous adoptons tour à tour le point de vue d’Esteban, de Maria et de Leila. Jamais celui de Noah, le conducteur. C’est en quelque sorte le point aveugle du récit, le « fils de » qui est aussi l’inconnue, le X de ce roman que vous ne lâcherez pas avant d’avoir résolu son équation. 

Écouter cette chronique (extrait lu à 2:49) :



Ce qui fait battre nos cœurs – Florence Hinckel – Syros, 2019 (443 pages, 17,95 €)

La plume de Marie

  À la mort de sa mère, qui était servante au château des Rochecourt, Marie a été recueillie généreusement par les châtelains et élevée en c...